Peter McEachern Quintet : Streamin’ Review On JazzMania
Basé dans le Connecticut où il enseigne, le tromboniste Peter McEachern s’est imposé auprès d’un public plus large grâce à plusieurs albums, dont « Code 2 » qui a reçu une critique élogieuse dans le magazine Downbeat. Il est ici à la tête d’un quintet composé de Julian Shore au piano, Noah Preminger au saxophone, Zwelakhe-Duma Bell le Pere à la contrebasse et Michael Sarin à la batterie. La musique proposée s’inscrit dans un registre hard-bop, mais elle se démarque par son caractère posé, propice à la détente, loin par exemple du style nerveux des Jazz Messengers d’Art Blakey. Neuf des onze compositions sont signées par le leader et révèlent un côté lustré plutôt relaxant. C’est le genre de jazz qu’on apprécie écouter dans un club « after hours » ou en accompagnement d’un trajet nocturne sur l’autoroute. Les deux morceaux restants, qui s’intègrent parfaitement à l’ensemble, renforcent la cohérence du disque. Ecrit par le bassiste Mario Pavone avec qui Peter McEachern a longtemps collaboré, « Aku » est une petite pièce destinée à mettre en valeur le jeu subtil du contrebassiste d’origine sud-africaine Zwelakhe-Duma Bell le Père. Quant à « La Grinta », composé par le batteur vétéran Michael Sarin, c’est une ballade riche en contrepoints, animée par les solos des deux souffleurs. Peter McEachern se distingue par une sonorité pleine et un jeu parfaitement maîtrisé, jamais forcé ou excessif. Son association avec le saxophoniste Noah Preminger, dont le phrasé est fluide et réfléchi, paraît évidente et contribue à l’atmosphère spéciale de cette musique. Bien que la direction générale ne varie guère au fil des plages, l’écoute reste attachante durant les 54 minutes que dure cet album.